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Le rapport du Public Health England est tombé en plein mois d’août 2015 et a fait grand bruit. Il faut dire que ces dernières années, les analyses raisonnées et équilibrées sur la cigarette électronique étaient rares ; en tous cas, les sites web leur préféraient des études beaucoup plus à charge. Ce rapport a au moins le mérite d’envisager tous les aspects de la cigarette électronique : son éventuelle toxicité pour le vapoteur et pour son entourage, le possible transfert vers le tabac, la fiabilité des études précédentes. LE PHE nous offre même une approche inédite de la e-cigarette en évaluant sa capacité à réduire les inégalités sociales face à la lutte contre le tabagisme, notamment auprès des personnes défavorisées et marginalisées.

 

La e-cigarette 95% moins nocif que le tabactabac-et-e-liquide

L’affirmation la plus importante de ce rapport est sans doute que la cigarette électronique serait 95% moins dangereux que la cigarette traditionnelle. Cela faisait des années que les médias du web ne tarissaient pas d’attaques contre la e-cigarette, sur le vapotage passif, l’incitation à fumer que soi disant elle représentait et les différentes toxines qu’elle émettait. Le Public Health England répond méthodiquement à chacun de ces arguments.
Tout d’abord, s’agissant de cette fameuse porte d’entrée vers le tabac : les experts indépendants nous expliquent qu’aucune preuve scientifique ne peut corroborer cette hypothèse. Il ajoute que seul 0,2% des vapoteurs n’ont jamais fumé auparavant, une toute petite minorité serait donc concernée par ce risque.
Pour ce qui concerne le vapotage passif, le PHE nous apprend que 85% du tabagisme passif provient de la cigarette qui se consume sans aspiration du fumeur, alors que la cigarette électronique n’émet aucune vapeur, ni fumée quand le vapoteur ne tire pas sur son appareil. D’autre part, les experts anglais rappellent que l’on retrouve dans la vapeur de la cigarette électronique 8 fois moins de nicotine que dans la fumée de cigarettes. D’autre part, rien dans la composition d’un e liquide ne peut entraîner de risques sanitaires.
Quant aux substances nocives, le Public Health England nous certifie que ces toxines observées par certaines études « ne peuvent être reproduits dans les conditions d’utilisation normale des produits. » Autrement dit, ces émissions ont été constatées car la méthodologie adoptée n’était pas en cohérence avec le fonctionnement habituel d’une cigarette électronique. Nous verrons que ce n’est pas la seule irrégularité que le rapport a relevé dans ces expérimentations.

 

animation ruedesplantes

 

prix-cigarette-electroniqueL’obstination des politiques français

Les preuves de la non-dangerosité de la cigarette électronique se multiplient. Pourtant, le gouvernement persiste dans ses réglementations outrancières : interdiction dans les lieux publics et dans les espaces de travail, interdiction de la publicité directe et indirecte,  limitation des flacons de-liquides à 10 ml, des réservoirs à 2 ml… Pourquoi ? Parce que la ministre Marisol Touraine entretient des relations étroites avec le deuxième fabricant de patchs à la nicotine, GlaxoSmithKline ? Ou alors parce que le tabac rapporte des milliards d’euros à l’Etat. A moins que ces mesures soient là pour justifier la mise en place d’une nouvelle taxe, en espérant que le prix de la cigarette électronique ne rejoindra pas celui de la cigarette traditionnelle, ce qui aurait pour effet désastreux d’inciter les vapoteurs à retourner dans les bars du tabac. Enfin, dernière hypothèse : d’après les déclarations de la députée Michèle Delaunay, rapporteuse du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale à l’assemblée nationale, l’intention déguisée du gouvernement serait de céder aux buralistes la vente exclusive des cigarettes électroniques comme contrepartie aux paquets neutre. Si cette exclusivité voyait le jour, le vapoteur aurait beaucoup à perdre en qualité de services (car les buralistes sont rarement des vapoteurs) et en choix de modèles (faute de place). On comprend que l’Etat ait des difficultés à faire face aux bureaux de tabac quand on voit l’ampleur de leur campagne médiatique, financé gracieusement par l’industrie du tabac au travers de la SEITA.

 

La stratégie médiatique des études précédentesmanipulation-cigarette-electronique

Nous l’aurons bien compris, le protocole des études précédentes était soigneusement choisi par les scientifiques pour obtenir les résultats escomptés, à savoir des émissions de substances dangereuses. Mais dans ces conditions, pourquoi les scientifiques indépendants n’ont pas attiré l’attention sur ce manque d’éthique manifeste ? Ils l’ont fait mais n’ont pu le faire que trop tard. Le Public Health England nous apporte une révélation des plus intéressantes sur leur stratégie de communication : les personnes qui étaient à l’origine de ces études ont à chaque fois retardé sciemment la diffusion du protocole scientifique. Ils ont fait paraître le communiqué de presse et ont attendu qu’il passe de pages web en pages web et que la polémique fasse des ravages. Quelques semaines plus tard, la méthodologie était révélée et étaient rapidement démontée par des scientifiques indépendants. Mais le lavage de cerveaux avait déjà son œuvre. Et plutôt que de reprendre leur contre-argumentation, les sites web préféraient relayer la polémique suivante et ainsi de suite…

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